jeudi, juin 21, 2007
Super-Sarkozy
J'ai laissé le temps filé avant de me remettre à écrire sur ce blog. Aujourd'hui, je vais écrire sur notre cher président, ou devrais-je notre nouveau monarque, Nicolas Sarkozy. Depuis le sommet du G8, je me suis rendue compte de la "folie des grandeurs" qui s'est emparée du président. Comme l'écrivait Daniel Schneidermann dans Libération, Sarkozy avait l'air d'un adolescent, et je dirais même d'un adolescent à qui son père vient de donner les clés de sa ferrari. Et c'est bien là le problème. Il avait l'air complètement ridicule au sommet du G8. Il n'en pouvait plus. Littéralement, lors de ses conférences de presse le président Sarkozy ne pouvait cacher son auto-satisfaction. Il allait sauver le monde à lui tout seul, plus fort que Superman. Un super-président, voilà ce que 53% des français ont élu. En politique intérieur, c'est le même refrain, car comme il l'a récemment affirmé: "J'ai été élu pour faire quelque chose sur tout." Je ne comprends pas pourquoi il a besoin d'un premier ministre et d'un gouvernement. Avec ses super-pouvoirs il devrait être capable de sauver la France du déclin annoncé à la force de ses bras. En même temps, un président qui prétend vouloir intervenir dans tous les domaines de la vie, vouloir tout diriger, tout décider, cela ressemble furieusement à un pouvoir absolu. Et moi qui croyait qu'on avait mis fin à la monarchie absolue avec la Révolution française !
dimanche, mai 27, 2007
Un pur moment de bonheur
Par un beau samedi de mai, au Théâtre de la Ville j'ai eu la chance d'assister à un spectacle de musique indienne tout à fait enchanteur avec Uppalapu Shrinivas et Debashish Bhattacharya, deux musiciens originaires d'Inde, le premier de l'Andra Pradesh, le second de Calcutta. Ce n'était pas la première fois que j'écoutais de la musique indienne car j'ai l'habitude de me passer des enregistrements de Ravi Shankar, Bismillah Khan, Imrat Khan et Viliyat Ali Khan, mais c'était la première fois que je pouvais voir des musiciens indiens interprété leur musique sur scène. Ce qui m'a immédiatement frappée par rapport aux concerts de musique classique auxquels j'ai l'habitude d'aller, c'est la disposition des musiciens sur la scène : assis par terre, sur des tapis, de façon presque informelle, jouant comme des amis. L'autre chose aussi, c'est leur joie manifeste et leur decontraction sur scène. Ils sont heureux d'être là, de partager leur musique, et on ne sentait aucune tension relevant d'un devoir de performance. Et pourtant, nous avons bien assisté à un spectacle d'une grande qualité, un mélange d'improvisation, de virtuosité, et de jeu. Uppalapu Shrinivas avec sa mandoline, qui est en fait une sorte de petite guitare, et Debashish Bhattacharya avec sa guitare chaturangi, aussi appelée slide-guitar ont rivalisé de virtuosité et de musicalité, jouant à se défier, comme des enfants. Assis de chaque côté des deux musiciens, Balakrishna Harikumar et Subhasis Bhattacharya apportaient le ryhme de leurs tambours, un mrandigam et un tabla jugalbandi. La différence d'âge et de caractère entre Shrinivas et Bhattacharya peut se sentir dans leurs styles respéctifs. Grâce à sa mandoline, Shrinivas fait montre d'une grande agilité et légèreté d'execution, et de beaucoup d'espiéglerie. Le son semble sortir de son instrument comme un chapelet de goutte d'eau. A l'opposé, avec sa guitare modifiée, Bhattacharya produit un son tout en profondeur et puissance, et semble s'inspirer bien plus de la musique traditionnelle indienne.
C'est un sentiment fort étrange que produit la musique indienne sur le corps et l'esprit d'une occidentale telle que moi. En effet, pendant tout le spectacle j'ai baigné dans un sentiment de bien-être, tandis que mon corps semblait être envahi d'un sentiment de volupté et que mon esprit s'endormait sous l'effet de la musique. Cette musique a un tel effet bénéfique qu'elle a même réussi à chasser la migraine approchante de mon amie Aurélie. Etrange…
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